19 mai 2020
Chansy Upravan
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Isard

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Inventons du possible
Aurélien BARRAU, astrophysicien, engagé sur les questions écologiques et sociétales, nous interpelle dans un récent entretien sur le fameux monde d’après. Il se tient « à l’écoute de la révolution, bien évidemment, et certainement pas, à celle de brûler des voitures ou couper des têtes ». Il souhaite fédérer autour de la révolution qui envisage tous les possibles face au défi sociétal, environnemental et climatique. Comment nous inscrivons nous dans cette trajectoire ?

Son mot pour qualifier cette période et pourquoi ?

« La métastabilité, dans mon domaine en physique, c’est entre l’état stable et l’état radicalement instable. (…). Annoncer aujourd’hui le monde ne sera plus jamais le même (…) se démener pour un retour à la normale à court terme (…) est un état suicidaire puisque c’est celui qui nous mène à cette méta crise latente qui fera vraisemblablement passer l’épisode du covid19 pour un épiphénomène, totalement insignifiant par rapport à la crise gigantesque qui se profile. (…) en ce qui concerne l’extermination massive aujourd’hui en cours, c’est-à-dire une espèce qui impacte les autres à ce point, c’est vraisemblablement une première dans toute l’histoire de la Terre ! (…) je me sens un peu déçu (…) même là, ils ne comprennent pas (…) globalement ces dirigeants n’ont, en fait, pas le minimum de sérieux requis face à la gravité de la situation. (…) ils ont oublié que le réel est implacable et que le réel ne se laisse pas dissoudre dans quelques astuces publicitaires. »

Aurélien Barrau - Les entretiens confinés, le 14 avril 2020 sur France Inter

Son mot pour penser à l’après ?

« Imprévisible (…) tout est possible (…) remettre les choses en perspective, le monde d’avant n’était pas un monde où tout allait bien. (…) je ne sais pas jouer les Cassandres (…) On n’en sait rien. Soyons honnêtes et humbles (…). Mais je peux vous dire ce que j’aimerais, c’est qu’il y ait enfin une sorte de rationalité dans la prise en compte de l’évolution de la vie sur Terre ? (…) on est en train de détruire notre capacité à vivre (…) tout ce qui fait sens, tout ce qui nous permet d’exister (…). J’aimerais que les valeurs changent (…) qu’on fasse preuve d’un peu de cohérence (…) ne pas demeurer placides et inertes face au pire qui est très certainement annoncé par tous les spécialistes »

Ses choses à craindre pour l’avenir ?

« Tout ! Je note juste que pendant cette crise on écoute les médecins.(…). Pourquoi n’écoute-t-on pas les climatologues et les biologistes face à la méta crise biologique qui se profile ? (…) nous restons de marbre, alors que c’est scientifiquement acté (…) un enfant mourait de faim toutes les 5 secondes tandis qu’on jetait 3,5 millions de tonnes de nourriture chaque jour ! (…) La question, est-ce que cela correspond à ce que l’on veut ? (…) il ne s’agit pas évidemment une seule seconde de laisser seuls ceux qui en feront les frais (…) nous nous sommes trompés, il va falloir collectivement maintenant que nous nous occupions de réparer la casse avec un peu de sérieux (…) cette pandémie, qui est dramatique, a une vertu, elle ouvre des possibles. Elles nous montrent que les choses pourraient être autres, et que nous avons encore un pouvoir de réappropriation de la chose publique (…) ».

Ce qu’il souhaite ?

« L’écoute de la révolution pour envisager tous les possibles. (…) sortir de notre culture de la gestion (…) réenchanter le monde (…) faire preuve à la fois de subversion parce qu’on envisage toutes les déconstructions, et faire preuve de sérieux parce qu’on s’intéresse aux vraies réalités (…) ».   

Le positionnement Oui Ensemble et son ambition

Au regard de son profil, de ses connaissances, compétences et expériences, nous ne pouvons que comprendre sa déception et sa colère face aux "maux", aux mots et aux actes de nos dirigeants gouvernementaux et du Medef. 

En effet, évoquer le monde d’après, qui ne peut être le même, et se démener pour un retour à la normale à court terme, peut apparaître incohérent aux yeux de certains. 

Afin de ne pas faire d’erreur d’interprétation, il nous paraît intéressant de comprendre ce que sous-entend Aurélien BARRAU lorsqu’il exprime souhaiter « sortir de notre culture de la gestion ».

Tous les êtres humains influencent notre planète, et il n’est pas possible d’aborder les catastrophes, quelles qu’elles soient, avec leurs multiples effets sur les êtres vivants, sans l’éveil des consciences du plus grand nombre.

Obtenir ce mouvement d'ampleur nécessite la mobilisation de compétences et d'approches complémentaires, et notre action s’enrichirait avec la vision et les apports scientifiques, comme ceux d’Aurélien BARRAU et « son souhait de rationalité dans la prise en compte de l’évolution de la vie sur Terre ».

De notre côté, nous reconnaissons les erreurs du passé et nous voulons relever le challenge :

  • En sortant de la démarche purement marketing et sa course au toujours plus.
  • En tenant compte de l’impossibilité de détricoter nos sociétés d’un revers de main, le nouveau monde devant se faire par l’évolution progressive des emplois existants.

En conséquence, nous avons conçu ►un projet différentancré sur une sincère prise en considération des interactions entre l'humain et l'écosystème

  • Il est conçu avec un montage financier qui n’est pas une fin en soi mais un moyen pour servir des valeurs altruistes et éthiques.
  • Il est innovant avec sa gouvernance des Ressources Humaines et le montage de sa solution qui intègre le capital financier et humain, et celui de l’environnement naturel.

Nous approchons l’activité spécifique « Modes de vie durables » en recoupant les dimensions individuelles et collectives. Même si les conditions de toutes ces actions sont collectives, le moteur du changement reste l'individu. C'est la raison pour laquelle, en coopération avec les citoyens et les acteurs dans la même mouvance humaine, chacun est mobilisé, dans sa réalité quotidienne, pour revisiter les modes de vie sur la durée.