Quel est le lien entre l’homme et l’éléphant ?
Dans sa "Lettre à l’éléphant" publiée en mars 1968 dans le Figaro littéraire, le romancier Romain GARY souligne : « Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante -en référence à l’éléphant- alors demeure une chance pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre. »
La Déclaration universelle des droits de l’homme est définie dans son préambule comme "un idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations".
Romain GARY a écrit « qu’il y a des gens qui affirment que les éléphants ne servent à rien (…), ruinent les récoltes (…), que l’humanité a déjà assez de problèmes de survie dont elle doit s’occuper sans aller encore se charger de celui des éléphants (…), que c’est exactement le genre d’arguments qu’utilisent les régimes totalitaires (…), pour démontrer qu’une société vraiment rationnelle ne peut se permettre le luxe de la liberté individuelle (...), et que les droits de l’homme sont, eux aussi, des espèces d’éléphants (...). Si le monde ne peut plus s’offrir le luxe de cette beauté naturelle, c’est qu’il ne tardera pas à succomber à sa propre laideur et qu’elle le détruira (…), que le sort de l’homme et sa dignité sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, ►forêts ou éléphants, sont menacées de destruction. »
Ce romancier ajoute que « dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. Tout ce qui restera de nous, ce seront des robots. Nous ne réussirons jamais à faire de nous entièrement notre propre œuvre. Nous sommes condamnés pour toujours à dépendre d’un mystère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent pénétrer (…), que la présence des éléphants parmi nous évoque une puissance créatrice dont on ne peut rendre compte en des termes scientifiques ou rationnels, mais seulement en termes où entrent teneur, espoir et nostalgie (… ), et qu’ils sont notre dernière innocence ».
C’est ainsi qu’il met l’humain et l’éléphant « sur le même bateau, poussé vers l’oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu. Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs ».
Le pays du million d'éléphants
De son côté, Oui Ensemble constate que « le Laos, autrefois connu comme Lane Xang ou "Le pays du million d'éléphants", avait par le passé une vaste population de ce pachyderme d'Asie, à la fois domestiqué et sauvage. Aujourd'hui, la population sauvage est estimée à environ 400 individus, et à peine plus pour la population domestiquée ».